Calcul des Besoins Nets « CBN »

Le moteur de planification — méthode MRP

Les chemins de l'excellence

« Quant à l'action elle-même, il faut la nommer entreprise, car c'est un lent et tenace travail d'édification qui s'étend sur une durée indéfinie. »Jean-Paul Sartre

1. Introduction

Le Calcul des Besoins Nets, basé sur la méthode algorithmique dite MRP (Materials Requirement Planning, ou planification des besoins en composants), est la plus connue des techniques utilisées en gestion de production.

Cette méthode calcule par éclatement de nomenclatures les quantités en composants rendues nécessaires par les besoins issus des commandes et des prévisions. Les quantités ainsi calculées en parcourant l'arborescence des nomenclatures (niveau par niveau) sont pondérées par les règles d'approvisionnement (optimisation des stocks), puis classées par « type article » pour générer :

  • des propositions de fabrication (PF),
  • des propositions d'achat (PA),
  • des propositions de décalage de délais sur les ordres fermes.

D'un point de vue formel, une proposition de fabrication ou d'achat est un triplet (article, quantité, délai) constitué à partir des besoins de la demande et réajusté par la règle d'approvisionnement et par la série économique, qui sont paramétrées au niveau des données techniques de chaque article soumis à la méthode MRP.

Par la technique d'exploration du procédé de fabrication (opération par opération), le calcul des quantités mises en œuvre durant la première phase du CBN sera suivi de la deuxième phase de planification de la charge de travail (la bonne quantité au bon moment) pour les propositions de fabrication. Quant aux propositions d'achat, elles seront planifiées sur la base des délais moyens d'approvisionnement paramétrés au niveau des articles.

Les plans de production et d'approvisionnement obtenus pourront aussi faire l'objet d'un plan de charges globales, valorisées financièrement par la méthode ABC de calcul des coûts de revient.

2. Les données techniques

Les articles

La série économique
Ce paramètre correspond généralement au nombre d'unités de fabrication (OF) ou d'achat (OA) jugé économiquement rentable d'un point de vue financier ou technologique.
Le stock de sécurité
Le stock de sécurité a pour rôle d'éviter les ruptures pour permettre de continuer à servir les demandes. Le Calcul des Besoins Nets se sert du stock de sécurité pour déterminer le stock actif, qui constitue la base initiale du calcul des stocks prévisionnels.
Le taux de rebut
Ce pourcentage détermine la quantité rebut ou perte qui vient en plus de la quantité besoin du composé (produit à fabriquer). L'absence de ce paramètre suppose que, d'un point de vue théorique, les quantités à planifier pour l'article seront bonnes à 100 %.
Le stock mini (ou stock de réapprovisionnement)
Ce paramètre n'intervient pas directement dans la phase de calcul des quantités de besoins issues des demandes (commandes). Tous les articles non impliqués dans la phase de calcul et paramétrés avec un seuil (stock mini) sont explorés par le CBN SQUALP pour déterminer les quantités à réapprovisionner. Le principe consiste à proposer des suggestions lorsque le disponible réel ou potentiel tombe, à une date donnée, en dessous du seuil fixé.

Les règles d'approvisionnement

Besoins Bruts « QB »
Règle ne prenant pas en compte le stock existant. Cette règle peut être intéressante pour les entreprises qui gèrent le stock à l'affaire. Le Calcul des Besoins Nets suggère uniquement une quantité pour couvrir les besoins bruts de l'article pour lequel la demande est émise. De même, pour les composants de niveau inférieur, le CBN génère des suggestions en partant de la quantité initiale de la demande.
Lot pour lot « LL »
La quantité suggérée est égale à la quantité du besoin. La règle « lot pour lot » est la plus simple. Lorsque le CBN constate une demande non satisfaite, il en détermine un besoin net en suggérant un ordre couvrant juste le besoin net. Cette règle permet un contrôle très fin, puisque le CBN génère un ordre pour chaque besoin à couvrir. Les stocks sont donc très faibles, au détriment des coûts fixes. Cette règle convient à des articles très peu utilisés. Par contre, elle conduit à une multitude de suggestions : il convient d'en restreindre l'usage.
Quantité fixe de commande « QF »
Règle simple qui suggère un ordre, ou plusieurs, en fonction de la série économique spécifiée au niveau de l'article. Lorsque le CBN constate une demande non satisfaite, il calcule les besoins nets pour suggérer autant de propositions que nécessaire à la série économique, étant entendu que chaque proposition est égale à la quantité fixe de commande (série économique). Cette règle est fréquemment utilisée. Elle convient à des articles de consommation assez régulière.
Quantité économique « QE »
Règle basée sur l'équilibre du planning des livraisons. Les besoins détectés sont regroupés et réajustés par la série économique en tenant compte du stock de sécurité. La technique consiste à commander une quantité prédéterminée à intervalle variable, en fonction des consommations.

Les nomenclatures

Les sous-ensembles fictifs
Un article fictif, ou fantôme, est un sous-niveau de la nomenclature. Il s'agit d'un article purement technique qui naît et disparaît au cours du processus de fabrication. Le programme de calcul des besoins en composants le « traverse » avec son coefficient pour atteindre les niveaux inférieurs.
Le taux de rendement
Le taux de rendement n'est pas lié directement à l'article en tant que tel, mais à sa position dans une nomenclature donnée. Le rendement exprime généralement la fiabilité d'une matière, qui peut varier d'une nomenclature à l'autre. Exemple : pour un composant à un taux de rendement de 95 %, le Calcul des Besoins Nets réajuste de 5 % la quantité calculée par le coefficient standard, pour atteindre les 100 % exigés par la composition du composé auquel le composant est rattaché.
Les coefficients
Le coefficient est une quantité qui précise le nombre d'unités d'un composant X entrant dans la formulation d'un produit composé. Enfin, la notion de coefficient des nomenclatures Squalp a évolué ces dernières années en intégrant un deuxième coefficient, qui exprime une quantité globale non pas à l'unité de l'article composé, mais à l'ensemble des quantités de l'ordre de fabrication. Ce coefficient global est particulièrement intéressant pour les articles consommables ou emballages.
Les procédés de fabrication
Le procédé de fabrication représente la séquence des opérations (préparation, fabrication, nettoyage, …) nécessaires à la fabrication d'un produit.

3. Les données d'entrées

Les commandes clients (externes) et les commandes internes pour la production sur stock sont prises en compte par le CBN en tant que données d'entrées, quel que soit le type de commande, excepté le type « CT », à savoir « Commande Transfert » (stock avancé) :

  • CP « Commande prévisionnelle » — elles peuvent faire l'objet d'une exclusion suivant la décision du responsable CBN (bouton à cocher) ;
  • CF « Commande ferme » ;
  • CE « Commande en cours » — la quantité du besoin est diminuée de la quantité déjà fabriquée ou livrée sur stock ;
  • CC « Commande clôturée » — exclue du CBN.

Les ordres de fabrication (OF) et les ordres d'achat (OA) présents et non clôturés le jour du lancement du CBN, et ayant des liens avec les articles pris en compte par les commandes en entrée du CBN, sont pris en charge comme des données d'entrées au même titre que les commandes.

Le programme de production

Celui-ci est issu soit de la prévision des ventes, élaborée par le service commercial à partir de l'analyse statistique de l'historique des ventes et des tendances décelées par la méthode probabiliste (cf. Prévisions de ventes), soit de la fonction Squalp (cf. Prédiction des besoins) qui détermine les prévisions de production par calcul des rotations de stocks des 12 derniers mois glissants. Après la phase de calcul des rotations, Squalp analyse les tendances pour déterminer les besoins nets, article par article, pour les 3 mois à venir, suivant les catégories ABC. Le calcul des consommations prévisionnelles pour les mois à venir fonctionne avec SQUALP selon la méthode de lissage exponentiel de « Holt-Winters », au lieu de la régression linéaire utilisée généralement par les applications de prévision. Dans le cas de l'existence de saisonnalité, à identifier préalablement par article, la méthode de lissage exponentiel de Holt-Winters est en effet la mieux adaptée.

Les prévisions de vente

L'intégration des prévisions de vente (budget) et leur fusion avec les commandes enregistrées fonctionnent selon un paramétrage et une organisation spéciale pour définir l'ensemble des besoins en entrée du CBN.

Les besoins bruts pris en compte par le CBN sont cumulés par article, quantité et délai.

Données d'entrées du CBN
  • Commandes client et commandes internes,
  • Prévisions de vente · Prédiction des besoins (programme de production),
  • Ordres en cours connus (OF, OA),
  • Propositions d'achat (PA) validées et non transformées en OA du CBN précédent.

4. La technique des traitements : l'algorithme

Le CBN est une méthode (MRP) d'ordonnancement à moyen terme. Elle a pour rôle essentiel de décider du devenir des quantités détectées à fabriquer et/ou à acheter. Elle permet donc de déterminer des propositions de fabrication (PF) et des propositions d'approvisionnement (PA), transformées directement, après validation, en OF (ordres de fabrication) et en OA (ordres d'achat).

Grâce aux techniques de jalonnement (capacité finie, infinie) et à la méthode de chargement des ressources (au plus tard, au plus tôt) déterminée par la demande initiale, SQUALP calcule, en fonction des capacités théoriques de production (ressources), pour chaque quantité issue d'un besoin en composant, le délai de réalisation de la proposition. L'ensemble des besoins en composants calculés est cumulé par article, par quantité de besoin et par délai de réalisation, puis affecté, pour analyse technique détaillée, à chaque produit fini issu des demandes. Le plan de production ainsi constitué fera l'objet d'un bilan d'analyse pour proposer des solutions de décalage (−/+) afin de couvrir les aléas de délais.

L'algorithme de calcul des besoins nets part en tout premier lieu de la demande initiale (commande et/ou article prévision) en produits finis, considérée comme un besoin brut à satisfaire. Le système soustrait les stocks de produits finis pour déterminer les besoins nets, puis il décompose les besoins nets par parcours arborescent de la nomenclature pour obtenir les besoins bruts en composants des niveaux inférieurs. Pour chaque composant détecté, il soustrait les stocks actifs (stock physique − stock de sécurité). La procédure est répétée autant de fois qu'il y a de niveaux d'ordonnancement de la nomenclature, jusqu'au dernier niveau, constitué par des articles achetés.

4.1 — Exploration d'une nomenclature d'assemblage composée d'un fictif

Pour illustrer la méthode de calcul des besoins en composants dépendant des articles demandés (commande, prévision, rotation des stocks), on se servira d'un exemple de production de polymère, très représentatif dans les métiers de la transformation. Considérons le cas d'une demande de 72 000 kg de polypropylène. Sa nomenclature est composée d'un niveau d'ordonnancement (OF mono-niveau) et d'un sous-ensemble fictif, composé lui-même de trois matières premières, constituantes du prémélange, nécessaires à l'assemblage du produit fini.

4.2 — Exploration d'un processus de transformation : désassemblage et assemblage

Quelle que soit l'activité de création de la valeur ajoutée dans les vrais métiers de la transformation, l'exemple ci-dessus du produit complexe, intégrant dans un même processus de transformation des phases de désassemblage de la matière et des phases d'assemblage des produits issus des matières, exige du système de gestion de la production des fonctions appropriées aux concepts des flux poussés, pour la prise en charge des matières approvisionnées (service achats), et des flux tirés, pour répondre à la demande du marché (service commercial).

Pour positionner les jalons de prévision des besoins et des cycles de production, la méthode SQUALP de parcours des arborescences — de l'aval vers l'amont pour les phases de désassemblage des flux poussés, et inversement de l'amont vers l'aval pour les phases d'assemblage des flux tirés — se base sur différentes techniques :

  • Pour les phases de désassemblage : la technique fait référence à la décomposition de la matière, structurée au niveau des données techniques sous forme d'ensembles équivalents (produits nobles, coproduits, sous-produits). La composition de la matière est structurée exclusivement en termes de qualité et de proportion, obtenues le plus souvent par des retours d'expérience ou d'analyses statistiques, fournis par SQUALP dans les deux cas. Le paramétrage de chaque produit issu de la structure de la matière déterminera sa capacité à poursuivre ou à quitter le processus de transformation — c'est le cas notamment des articles catégorisés « sous-produits ».
  • Pour les phases d'assemblage (détectées dans le processus de transformation) : SQUALP utilise la technique classique (GPAO) en parcourant la nomenclature, niveau par niveau, pour déterminer les jalons de chaque cycle de production ou de prévision. Le lien entre une phase de désassemblage et une phase d'assemblage se fait par le biais d'un produit situé en amont, constituant le support de la phase située en aval.

4.3 — Besoins bruts, besoins nets

Définition. Le besoin brut sur un article composant est la quantité nécessaire pour fabriquer le produit composé utilisant ce composant. Le besoin net à date est calculé à partir des besoins bruts en prenant en compte les stocks actifs, les encours de fabrication et les commandes en cours, échéancés au sein de la période du CBN, c'est-à-dire entrant dans la période de calcul du CBN.

Influence du stock de sécurité. Le stock de sécurité correspond à une quantité paramétrée au niveau des données techniques de l'article. Cette quantité est destinée à pallier les aléas dus aux consommations imprévues et/ou aux retards d'entrée.

Méthode de calcul. Pour des raisons de formulation ou de contraintes techniques de la production du produit fini 10009ENIC, le prémélange 10009ENIC-PR1, qu'il faut produire en premier lieu, est décrit comme un article « fictif ». De par sa nature « fantôme », il est exclu des propositions de fabrication (PF), puisqu'il naît et disparaît en cours de fabrication du produit fini. Seul son coefficient est pris en compte pour déterminer les besoins des articles achetés qui le composent : POLY06103IRGA, POLY06203IRGA-P et POLY06501MITS.

Les besoins bruts pour ces 3 composants sont calculés de la façon suivante :

  • quantité du besoin du produit fini 10009ENIC : 72 000 kg,
  • × le coefficient du prémélange 10009ENIC-PR1 : 0,375,
  • × le coefficient du produit acheté POLY06103IRGA : 0,533 (divisé par 96 % de rendement matière), soit un besoin brut de 14 966,64 kg.

4.4 — Exemple de procédé de fabrication

Après la phase de détection des quantités en composants, Squalp calcule les temps de production de chaque opération du procédé de fabrication standard associé à l'article. Le procédé, ou recette de fabrication, est généralement constitué, selon la complexité du produit, de plusieurs tâches :

  • les opérations, qui décrivent « ce qu'il faut faire »,
  • les ressources associées à chaque opération, qui décrivent « qui doit le faire »,
  • les taux horaires paramétrés pour chaque ressource, qui fixent « le coût de revient »,
  • le calendrier paramétré pour chaque ressource, qui détermine « la capacité théorique ».

4.5 — Les temps opérationnels

Les temps de charges sont déterminés par la nature des types de travaux assignés à chaque opération, constituante du procédé de fabrication de l'article :

  • Unité de temps — chaque opération dispose de son type de temps. Pour calculer les temps alloués, Squalp se base sur cette unité de temps caractérisant l'opération, sachant que l'unité utilisée généralement est l'unité décimale (DMH).
  • Type de temps — le mode de jalonnement Squalp calcule ces temps en fonction d'un des trois types de temps paramétrés pour l'opération :
    • les temps définis globalement, par opération et pour l'ensemble des quantités de l'ordre ou de la proposition de fabrication (opérations de préparation des machines, de changement de série, de nettoyage des chaînes de fabrication, …) ;
    • les temps définis unitairement, pour chacune des quantités de l'ordre ou de la proposition de fabrication (opérations de pure fabrication) ;
    • les temps à quantité fixe, ou temps technologiques, définis par tranche de quantités de la quantité totale de l'ordre ou de la proposition de fabrication (exigés par la disposition ou par les contraintes techniques des machines associées à l'opération).

4.6 — Les temps de cycle

Après cette phase séquentielle de calcul des temps, opération par opération, sans tenir compte des éventuels chevauchements interopération, le mode de jalonnement Squalp explore de nouveau le procédé de fabrication pour réajuster les temps en termes de durée du cycle. Dès lors qu'il détecte un décalage qui peut exprimer (en +/−) un parallélisme, des chevauchements ou des transits interopération, Squalp calcule un temps de cycle par réajustement du temps opérationnel, comme le montrent les exemples ci-après (procédé de 3 opérations : 1H00 + 3H00 + 2H00) :

Cas 1 — Procédé de fabrication à exécution séquentielle
Temps opérationnel = 6H00Temps de cycle = 6H00
Première opération1H00
Deuxième opération3H00
Troisième opération2H00
Cas 2 — Procédé à opérations parallèles et convergentes
Première opération1H00
Temps d'attente 2H00
Temps opérationnel = 6H00Temps de cycle = 5H00
Deuxième opération3H00☑ Opérations 1 et 2 parallèles et convergentes
Troisième opération2H00
Cas 3 — Procédé avec des délais de transit interopération
Temps opérationnel = 6H00Temps de cycle = 7H00
Première opération1H00
Deuxième opération3H00
Temps de transit 1H00
Troisième opération2H00
Cas 4 — Procédé avec des délais de chevauchement interopération
Première opération1H00
Deuxième opération3H00
Temps de chevauchement 1H00
Troisième opération2H00
Temps opérationnel = 6H00Temps de cycle = 4H00

Les temps ainsi calculés sont positionnés en cycle, par rapport à des dates, pour définir le début et la fin de chaque proposition. Dans le cas des propositions d'achat (PA) de sous-traitance, la durée du cycle d'achat dépend du délai moyen paramétré dans les données techniques de l'article — comme l'illustre l'exemple de la nomenclature d'un câble chauffant, composée de deux niveaux d'ordonnancement et d'une phase de sous-traitance 3P01008, qui détermine un délai d'attente entre le produit fini C2FSI/0.0439 et son composant C1N/0.0439T.

Suivant les niveaux d'ordonnancement de la nomenclature du produit fini, la proposition (PF) peut être mono-niveau ou multi-niveaux. Dans ce dernier cas, la technique du jalonnement traitera les liens, ou contraintes de succession, entre les différents procédés de fabrication constituant la typologie industrielle du produit fini.

En phase de calcul des charges, pour déterminer les échéances (date de début, date de fin) de chaque niveau d'ordonnancement de la nomenclature, la méthode MRP conduit à privilégier systématiquement le mode de chargement « au plus tard », qui consiste à calculer les charges en remontant dans le temps. Cette technique de jalonnement exige non pas le simple parcours de la nomenclature, mais l'ensemble du processus, qui peut être constitué de plusieurs phases, en commençant par celle qui correspond au produit de la demande — qui n'est pas forcément le produit fini, nommé dans le vocabulaire de la gestion de la production « plus bas niveau ».

Contrairement à la plupart des ERP du marché, qui limitent la méthode MRP aux seuls « plus bas niveaux », considérés qualitativement comme des produits finis, SQUALP permet d'intégrer des demandes de besoins à n'importe quelle phase du processus global. Dans les métiers de la transformation, les produits sont souvent constitués de plusieurs successions de phases, et chacune d'elles correspond à un niveau qualitatif de transformation du produit, pour lequel des demandes du marché (commandes) ou des prévisions de production (stocks) peuvent intervenir.

N'importe quelle demande du client ou de la prévision est prise en compte avec son délai, positionné comme point de départ des traitements de calcul des échéances. À partir du délai de la demande, hérité par la méthode de chargement « au plus tard » comme date de fin du cycle de l'arborescence à traiter en premier, Squalp calcule les charges (temps) du procédé de fabrication pour déterminer la durée qui va permettre de positionner la date de début du cycle. Cette date de début sera transmise au niveau immédiatement inférieur comme date de fin de l'opération à traiter, puis SQUALP calcule la date de début. Cette technique de transmission de la date de début du cycle précédent, comme date de fin du cycle suivant avec calcul de la date de début, est répétée autant de fois qu'il y a de niveaux d'ordonnancement dans la nomenclature.

Comme vu précédemment, nous disposons à ce stade, et sur tout l'horizon du CBN :

  • des ressources certaines (ordres de fabrication et ordres d'achat en cours),
  • des besoins en propositions d'achat, issus du CBN précédent,
  • des propositions de fabrication (PF) et des propositions d'achat (PA).

Ces données sont stockées dans la base de données, avec leurs statuts et leurs charges respectives, jusqu'au prochain Calcul des Besoins Nets.

5. L'exploitation des résultats

5.1 — Ordres fermes et ordres générés

De par sa conception modulaire (technique objet) et son algorithme de calcul basé sur le concept MRP (Materials Requirement Planning), le CBN SQUALP est régénérateur. Il fonctionne en boucle fermée pour intégrer dans le plan de charges, durant la phase d'analyse des résultats, les suggestions validées comme de nouveaux besoins, sans générer d'écarts de besoins. L'objectif recherché consiste à équilibrer la demande en termes de quantités et de délais sur la base d'une disponibilité permanente : rupture zéro, stock zéro.

5.2 — La boucle des contrôles

À ce stade, on connaît, pour tous les articles impliqués dans le Calcul des Besoins Nets, l'origine des besoins (commandes et prévisions) et les moyens mis en œuvre pour les satisfaire, par les ordres (OF, OA) fermes et/ou les propositions calculées, puis suggérées en vue de les valider pour se transformer à leur tour en ordres générés.

CBN régénérateur — la boucle fermée
  • Données d'entrées du CBN → Traitement du CBN,
  • → Propositions de fabrication (PF) · Propositions d'achats (PA),
  • → Plan de charges échéancé,
  • → Liste des ressources à replanifier (OF, OA) · Liste des réappros. (règle « Stock mini »),
  • → validations et modifications réinjectées en entrée du CBN.

Dans la limite de la disponibilité des ressources (outils de production), la fonction modification puis réinjection peut être utilisée autant de fois que nécessaire, jusqu'au stade ultime qui se traduit par un plan de production en totale adéquation avec les besoins issus des commandes et des prévisions.

5.3 — Les applications

De par la fonction « Analyse », SQUALP propose pour chaque besoin détecté une date au plus juste, pour être en phase avec les délais de la demande (commande client, prévisions internes). Pour les ordres fermes, SQUALP propose, en cas d'écart de date, des modifications à apporter pour avancer ou reculer les délais. Par double-clic sur un ordre dans les fonctions « Plan de production » et « Plan d'approvisionnement », on accède à l'ordre de fabrication, à l'ordre d'achat et à la commande client, pour apporter des modifications à réinjecter dans la boucle des contrôles pour de nouveaux calculs. À la fin du calcul des besoins nets dépendants des demandes, Squalp analyse l'ensemble des articles achetés et non impliqués dans la phase de détermination des besoins dépendants. Il détermine les besoins d'approvisionnement (indépendants) par comparaison entre le disponible (réel +/− disponible) et le paramètre stock mini. Dans le cas où le seuil du stock mini est atteint, il propose une quantité à approvisionner équivalente au stock mini.

Plan de production

La première partie de la grille « Plan de production » comporte l'ensemble des articles à fabriquer et dépendant directement ou indirectement des demandes initiales. Chaque article est associé aux ordres fermes (OF) existant au moment des calculs et aux ordres générés sous forme de propositions (PF).

La deuxième partie comporte l'ensemble des articles à consommer, issus des derniers niveaux des nomenclatures. Chaque quantité détectée comme une sortie est associée à l'ordre ferme ou à l'ordre généré qui va la consommer. Il est possible d'obtenir à la demande, par l'option « Voir les cas d'emploi », les articles à l'origine de chaque consommation de production.

La phase de validation des propositions de fabrication (PF) consiste à enregistrer une ou plusieurs propositions sélectionnées pour les transformer automatiquement en ordres de fabrication. Les quantités et la date prises en compte dans l'ordre de fabrication sont celles des propositions. Dans le cas où l'on souhaite modifier les données d'un ordre de fabrication ferme ou généré, on accède par double-clic à la gestion des ordres de fabrication. Tout changement effectué dans le plan de production actionne la boucle des contrôles pour réactualiser les nouvelles données.

Plan d'approvisionnement

Le plan d'approvisionnement est composé, dans sa première partie, des ordres fermes (OA) et des propositions d'achat (PA) issues des besoins dépendants de la phase des calculs. La deuxième partie comporte tous les articles gérés avec la règle du stock mini et non impliqués dans la phase des calculs. La méthode du stock mini consiste à faire des propositions d'achat (PA) pour tout article dont le stock physique ne couvre pas la quantité paramétrée en tant que « stock mini ». Cette règle peut être particulièrement intéressante pour les pièces de rechange, les emballages et les consommables, …

La phase de validation des propositions d'achat (PA) fonctionne techniquement de la même façon que la validation des propositions de fabrication. La différence se situe au niveau des données à enregistrer : l'enregistrement d'une proposition d'achat se transforme en demande d'achat (DA), et non en ordre d'achat. La création de l'ordre d'achat se fait généralement par des regroupements de DA et des négociations de prix que seul le service achats peut réaliser, par la fonction « Choix des fournisseurs », à laquelle on accède à partir du plan d'approvisionnement par double-clic. Au même titre que le plan de production, le plan d'approvisionnement est aussi associé à la boucle des contrôles du CBN SQUALP, pour prendre en compte tout changement intervenu au niveau des ordres fermes et des ordres générés.

6. Les acteurs du CBN

6.1 — Les conditions d'utilisation

La méthode MRP de Calcul des Besoins Nets est une méthode dirigiste d'aide à la décision, qui ne se substitue pas au décideur. De par sa démarche, dans un processus complexe et global, la méthode MRP touche tous les secteurs de l'entreprise. Son utilisation optimum est subordonnée à la fiabilité des données d'entrées, résumées ainsi :

  • les articles de tous types, en ce qui concerne le modèle de données techniques relatif aux indicateurs de règles de gestion et d'optimisation ;
  • les nomenclatures de fabrication, en ce qui concerne la composition des produits finis et semi-finis, pour la définition des coefficients des composants ;
  • les procédés de fabrication, en ce qui concerne les méthodes de réalisation d'un produit fini ou semi-fini, décrivant le processus opérationnel avec les temps chronométrés pour le calcul des charges et des coûts ;
  • les commandes et les prévisions de production, gérées par les services commercial et production, sans lesquelles le CBN ne peut pas fonctionner, puisqu'elles constituent le point d'entrée des traitements ;
  • les approvisionnements en cours, gérés par le service achats, sans lequel le CBN ne peut pas calculer les stocks prévisionnels des composants de dernier niveau des nomenclatures ;
  • la gestion rigoureuse des stocks, qui se distingue de la tenue aléatoire des stocks, sachant que le stock actif (stock physique − stock de sécurité) constitue le point d'entrée du calcul des stocks prévisionnels de chaque article impliqué dans le CBN.

L'analyse des données d'entrée montre clairement qu'il n'est pas possible de faire fonctionner la méthode du Calcul des Besoins Nets sans liaison étroite entre tous les services composant l'entreprise comme un tout.

6.2 — L'importance des catégories ABC

Le Calcul des Besoins Nets traite tellement de données qu'il est exclu de se servir des autres fonctions de l'ERP SQUALP pendant toute la durée des calculs. Afin de réduire les temps de calcul, qui peuvent parfois être très élevés, et surtout de faciliter l'exploitation des résultats au responsable ordonnancement, il est conseillé d'exclure de la méthode, par exemple, les articles de moindre importance, appartenant à la catégorie C au sens ABC du terme.

6.3 — La capitalisation des retours d'expérience

Plusieurs années d'utilisation de la méthode MRP de Calcul des Besoins Nets par des entreprises prestigieuses, d'univers et de cultures diverses, nous permettent d'apporter sereinement les heureuses conclusions qui s'imposent au niveau de l'ERP Squalp :

  • en tant qu'outil d'ordonnancement à moyen, voire long terme, la méthode MRP, appliquée par SQUALP, est incontournable et irremplaçable ;
  • elle s'insère parfaitement dans des entreprises ayant un certain niveau d'organisation, plus particulièrement en ce qui concerne les interactions entre les différentes composantes de l'entreprise ;
  • en remplaçant la démarche probabiliste, basée le plus souvent sur les « habitudes », par une méthode scientifique composée d'un arsenal d'algorithmes parfaitement conceptualisés, elle produit une plus grande réactivité en cas d'évolution des tendances, impliquant parfois de grands changements ;
  • de par son approche globale, impliquant toutes les composantes de l'entreprise intégrée, la méthode MRP exige des applications informatiques fortement orientées sur le principe des liaisons fonctionnelles, structurées hiérarchiquement, afin de gérer dans un même système toutes les fonctions qui rythment la vie de l'entreprise, tout en conservant la primauté de l'autorité hiérarchique.